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25/11/2022

Presse quotidienne : adapter son modèle économique aux nouveaux usages

Avec un peu moins de 80 titres selon l'ACPM, ses 8 millions d’exemplaires distribués par mois et ses 47 millions de lecteurs, la presse quotidienne régionale et nationale s’entoure de chiffres à faire rougir. Pourtant, elle fait face depuis quelques années à une mort annoncée, à une multiplication par deux du coût du papier en seulement un an, qui la pousse à se transformer. Mais comment ?

Vers un modèle social média ?

Entre la presse quotidienne régionale et la nationale, le cœur des Français balance. Toutefois, « en dix ans, ils sont +17 millions à avoir rejoint le lectorat régulier », indique Jean-Paul Dietsch, directeur général adjoint de l’ACPM, lors de son introduction au sujet à Médias en Seine. Avec un modèle économique qui se sclérose petit à petit, la PQR et PQN rêve de jours plus heureux. Comment réduire les coûts face à la monter du prix du papier ? Réduire la pagination ? « Au Monde, nous ne sommes pas en faveur d’une réduction de la pagination, il est nécessaire de pouvoir la transformation numérique », indique Louis Dreyfus, et d’ajouter « l’État est plein de contradiction. Par exemple, il est possible d’obtenir des aides pour acheter une nouvelle rotative, mais aucune pour la politique numérique. Nous avons besoin d’appui ».

« La presse quotidienne régionale a aujourd’hui ses zones blanches. Nous faisons face à un dérèglement médiatique alarmant », déclare Soizic Bouju, directrice générale de La Montagne - Centre France. Appuyée par Nathalie Sonnac présidente du Conseil d'orientation et de perfectionnement du CLEMI : « D’ailleurs, si les petits disparaissent, l’État en pâtira. Moins de journaux paraissent, moins les citoyens développe une connaissance politique, moins ils votent ! ». Faut-il alors rechercher les lecteurs chez eux ? Dans leur proche ? Pour Sophie Gourmelen, directrice générale du Parisien, il est important de viser la jeunesse, « inscrire la marque dans leur quotidien », et se positionner sur les réseaux sociaux, notamment sur TikTok. Si la fréquentation des sites de presse est en hausse (Figaro - 149 860 314 visiteurs, Ouest-France - 140 156 049, France Info - 139 324 846 et Le Monde - 138 015 595), « s’imaginer que l’augmentation du nombre d’abonnements numériques peut compenser les pertes du papier est faux. Très rares sont les titres pouvant tenir sur ce modèle », indique Pierre Louette, président - directeur général du groupe Les Echos-Le Parisien, et d’ajouter « combien existe-t-il d’abonnements par foyer, tout confondu ? Beaucoup trop ».

Actionnariat solide et diversification des activités

Pour Marc Feuillée, directeur général du Figaro, la situation est simple : « La propension de qualité de l’info équivaut aux moyens investis. Pour la financer, il est nécessaire de transformer les modèles ou d’avoir des actionnaires ». Alors que certains groupes de presse, comme Le Monde ou La Provence, sont accompagnés par des actionnaires privés, ce n’est pas le cas de tous.“Nous avons besoin d’actionnaires solides, voire d’une intervention ciblée de l’État », annonce Pierre Louette. Si les aides à la presse sont déjà départagées entre régional et national, pour Louis Dreyfus, « l’État devrait trouver une stratégie pour différencier son soutien, selon la présence d’actionnaire privés ou non ».

Si l’attraction vers le numérique payant attire les journaux français, d’autres modèles sont à regarder de plus près : le New York Times par exemple, mise sur des offres décalées comme la plateforme de jeu Wordle, ou encore les abonnements payants à son pan cuisine, NYT Cooking, d’autres comme Axel Springer a acquit Se Loger et Logic Immo dans un but de diversification pour soutenir ses titres (Die Weilt, Bild..).  « Il est nécessaire d’avoir une diversité autour de ses marques ! Le journal papier par exemple, représente moins de 20% du chiffre d’affaires du groupe », conclut Marc Feuillée.

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