Vous êtes ici

Ajouter à mon espace persoLe Bureau de la Radio s’interroge sur le calendrier retenu par le CSA pour la RNT et demande a minima une étude d’impact économique

Pour ajouter ce contenu à vos favoris, il suffit de vous inscrire ou de vous identifier

10/05/2012

Le Bureau de la Radio s’interroge sur le calendrier retenu par le CSA pour la RNT et demande a minima une étude d’impact économique

Tandis que le CSA s’apprête à examiner aujourd’hui en séance plénière le dossier de la radio numérique terrestre (RNT), les dirigeants des quatre réseaux de radio privés, RTL NRJ, Lagardère Active et NextRadioTV, réunis au sein du Bureau de la Radio animé par Michel Cacouault ont fait part hier de leur incompréhension sur plusieurs points, notamment sur «la méthode et le calendrier» retenus par le CSA. «On nous dit que le CSA va lancer un appel à candidatures sur 20 villes sans savoir combien il y aura de radios au final. La France est déjà le pays où l’offre radio est la plus large. A 90 radios sur certaines villes, les modèles économiques seraient extrêmement fragilisés sans que cela apporte un plus à l’auditeur», a affirmé Alain Weill, président de NextRadioTV. «La moitié du projet doit être financé sur fonds publics. Le CSA va lancer un appel aux candidatures alors que le gouvernement sortant ne sera pas en état d’examiner le projet et que le gouvernement suivant n’est pas encore en place», a ajouté Christopher Baldelli, président du directoire du groupe RTL. Selon des chiffres cités par les représentants des réseaux privés, la RNT coûterait «au moins» 600 millions d’euros sur 10 ans. Radio France y est favorable si le projet est financé sur fonds publics, de même que les radios associatives qui ont demandé un relèvement du Fonds de soutien à l’expression radiophonique. Les groupes privés n’y sont pas favorables, faute de perspective économique, lui préférant la radio sous IP et, à partir de 2013, via la 4G.
Les quatre groupes ont aussi déploré l’absence d’étude d’impact sur le secteur, alors que les rapports Tessier et Kessler avaient pointé les difficultés à trouver un modèle économique. «Tout cela aurait dû conduire par effet de précaution à modéliser l’impact économique de l’arrivée de la RNT. Nous avons dit que nous étions prêts à contribuer, à financer, à mettre de l’expertise dans une telle étude. Nous n’avons obtenu aucune réponse sur ce sujet de la part du CSA. (…) Nous sommes prêts à objectiver les termes du débat. Si on nous montre que ce projet est intéressant du point de vue de l’intérêt général et qu’il a un sens au niveau économique, même s’il ne nous est pas forcément favorable, au moins on aura une réponse», a indiqué Denis Olivennes, président du directoire de Lagardère Active.
Les exemples étrangers n’incitent pas non plus ces groupes de radio à se lancer dans la RNT. «C’est un échec dans tous les pays d’Europe où elle a été lancée, a souligné Jean-Paul Baudecroux, PDG de NRJ Group. Plus de 10 ans après son lancement en Grande Bretagne, moins d’un auditeur sur 5 écoute la radio en DAB et la date de l’arrêt de l’analogique a été repoussée. En Espagne, la couverture du territoire a été réduite de 50 à 20%».
A la lumière de ces analyses, il est donc peu probable que les groupes de radio privés répondent à un appel aux candidatures, s’il devait toutefois être lancé par le CSA. Ils se réservent la possibilité d’exercer «tous les recours possibles auprès du Conseil d’Etat ou de Bruxelles» contre les décisions de l’instance de régulation sur ce dossier.

Partager