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8/04/2019

Itw Isabelle Rouhan «Le métier d’avenir est celui d’interprète des datas»

18 mois après avoir créé son cabinet de recrutement, Colibri Talent (voir archive), Isabelle Rouhan publie «les métiers du futur» écrit en collaboration avec Clara Doïna Schmelck chez First Editions. A partir de différents portraits et témoignages, elle démontre les atouts de la mutation. Elle détaille pour nous, les enjeux de la mutation des métiers dans le monde de la communication.
 
100%MEDIA : Comment peut-on évaluer la mutation qui nous attend en termes de métiers ?
 
Isabelle Rouhan : Le principal défi de la révolution des métiers est celui de l’automatisation accélérée des tâches du fait de la montée des solutions d’Intelligence Artificielle.
Le degré d’automatisation de certaines tâches a directement ou indirectement un impact sur l’emploi. Une étude de McKinsey a révélé que d’ici 2022, la moitié des heures travaillées en France étaient potentiellement automatisables. Mais la moitié de heures travaillées ne veut pas dire (heureusement) la moitié des emplois supprimés. Les analyses démontrent que seuls 5% des postes seraient susceptibles d’être intégralement remplacés par des machines ou des robots. En revanche, le besoin d’adaptation de nos compétences sera massif puisque près de 60% des emplois pourraient être partiellement automatisés.
C’est une bonne nouvelle, car le temps dégagé permettra à chacun de se former, et de consacrer plus de temps aux échanges interpersonnels.
 
100%MEDIA : Les métiers des médias et de la communication sont-ils plus impactés par les changements ?
 
I-R : Le secteur des médias a profondément muté ces dix dernières années, sous l’influence des GAFA notamment. Les postes liés à la smart data et à l’IA se développent, générant des nouveaux métiers, au carrefour de la stratégie et de l’aide à la prise de décision, et de l’analyse en profondeur des données.
En complément des «usual suspects» (data scientist, trader programmatic), le métier d’avenir sur ce sujet est celui d’interprète des data. C’est un métier au carrefour de la data science et de la planification stratégique. Son rôle consiste à poser la bonne problématique métier, à résoudre grâce à la data science, et à interpréter de manière actionnable les résultats obtenus. Il est le garant de l’absence de biais dans les algorithmes. C’est un chef de projet, qui sait poser une problématique, collecter la bonne data pour y répondre, coder, recommander de manière actionnable et vulgariser ses conclusions.
 
100%MEDIA : Comment se déroulent ces mutations au quotidien dans votre métier ?
 
I-R : L’intelligence artificielle est une véritable avancée pour développer notre employabilité, et faciliter les recrutements. C’est un vecteur de changement souvent très disruptif, et très efficace.  Toutefois, dès qu’il touche directement à l’humain, l’algorithme peut faire peur, surtout quand il impacte les chances d’être recruté dans une entreprise.
 
La dynamique des échanges interpersonnels, ou encore l’évaluation de l’adéquation avec la culture d’une organisation, se prêtent mal à une démarche de modélisation. Et l’humain lui-même n’apprécie pas outre mesure, même quand l'équation fonctionne, de se savoir prédictible et réductible à ses données. C’est grâce au digital que nous pouvons aujourd’hui aller au-delà de nos propres réseaux, rencontrer de nouvelles personnes et confronter nos points de vue. C’est ensuite la rencontre physique avec l’autre qui se veut déterminante. Dans ce cadre, le hasard, l’envie, le goût des autres et l’audace doivent aussi avoir leur place pour construire le chemin de chacun vers son projet professionnel durable et son métier du futur.

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