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14/05/2019

Emmanuel Macron appelle les acteurs du monde culturel à s'unir face aux géants américains et chinois

Emmanuel Macron a appelé lundi les acteurs du monde culturel et audiovisuel à «travailler et à s'engager collectivement» avec le soutien de l'Etat pour ne pas perdre la bataille face aux géants américains et chinois, comme Netflix.
Au cours d'un déjeuner à l'Elysée avec 130 responsables des industries culturelles et récréatives, le chef de l'Etat a annoncé la création d'un fonds d'investissement dédié de 225 millions d'euros pour aider les entreprises du secteur à se développer, comme il s'y était engagé durant la campagne présidentielle.
Mais il a surtout exhorté les auteurs et patrons réunis à l'Elysée, souvent concurrents, à élaborer «un plan de bataille commun» pour s'adapter au nouveau paysage mondial, en plein bouleversement avec les offres de Netflix, Disney ou Apple, et la montée en puissance des acteurs chinois.
«Je suis fort d'une conviction, c'est que si nous n'arrivons pas à nous organiser, nous Français, la bataille est perdue. Face aux défis du numérique (...), c'est d'un engagement collectif dont nous avons besoin», a résumé Emmanuel Macron, à la veille du Festival de Cannes. Pour lui, cette bataille doit être menée au niveau européen, sur l'exemple du succès obtenu sur les droits d'auteur et les «droits voisins» pour la presse en 2018. 
Pour établir cette stratégie, un plan d'action pour l'industrie culturelle sera établi, en concertation avec les acteurs du secteur, d'ici la fin de l'année par le ministre de la Culture Franck Riester.
Les entreprises françaises sont «prises en étau» entre «Américains et Chinois, qui sont à la fois ultraprotectionnistes et ultra-expansionnistes à l'extérieur. Il est temps que l'UE se réveille», a affirmé Jean-Noël Tronc, le directeur-général de la Sacem.
Assis à la table d'Emmanuel Macron, le réalisateur Claude Lelouch a insisté sur la nécessité de «protéger le cinéma d'auteur» qui «est vraiment en danger». Le musicien Jean-Michel Jarre a pour sa part souhaité qu'Emmanuel Macron défende la culture en devenant un «François 1er 2:0» et que soit organisé en France «un Davos de la Culture» pour établir une réponse internationale. 
Prédisant que les chaînes de télévision allaient «être très fortement secouées» par les offensives attendues d'Apple ou de Disney, le patron de TF1 Gilles Pélisson a appelé «à la réinvention du monde du cinéma» et à une refonte de régulations obsolètes pour la télévision qui «datent de 30 ans».
Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a pour sa part indiqué que le gouvernement ne toucherait pas «aux niches fiscales sur la création», notamment la TVA à taux réduit dont bénéficie le secteur de l'animation.
Le fonds d'investissement de 225 millions, qui sera géré par BPIFrance, est l'une des propositions faites par le rapport commandé il y a un an au producteur Dominique Boutonnat par le ministère de la Culture. «Nous vivons une crise de financement du cinéma et de l'audiovisuel majeure, qui s'accélère et qui est une crise du système», a-t-il expliqué.
Rendu public lundi, ce rapport estime que la France «a tous les atouts pour remporter» la «bataille de demain» qui sera celle des «contenus», dont la demande mondiale «se fait de plus en plus forte».
«L'orientation d'investissements privés peut constituer un relais de croissance», souligne notamment le rapport, qui réaffirme le rôle du CNC (Centre national du cinéma et de l'image animée) «en tant que régulateur».
(Avec AFP)
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