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13/12/2019

Démographie : comment la France se distingue du reste de l’Europe en 6 points d’après l’Ined

En quoi la France fait figure d’exception démographique à l’échelle de l’Union européenne ? C’est ce à quoi l’Ined tente de répondre dans sa dernière publication en 6 points : accroissement naturel, accueil d’étrangers, fécondité, IVG, mariages et espérance de vie.
 
1 - La France demeure le pays avec l’accroissement naturel le plus élevé d’Europe. la France comptait 67 millions d’habitants, dont plus de 2 millions vivant dans les départements et régions d’outremer. L’accroissement annuel – variation de l'effectif de la population au cours de l'année – a de nouveau diminué en 2018 et reste principalement soutenu par un nombre de naissances supérieur à celui des décès. La France se distingue par son accroissement naturel positif — le plus élevé en Europe en valeur absolue et parmi les plus forts en valeur relative après l’Irlande, Chypre, le Luxembourg et la Suède.
 
2 - La France est le cinquième pays d’accueil d’étrangers de pays tiers mais son taux d’immigration est l’un des plus faibles d’Europe. En 2017, le flux d’entrées en France d’étrangers originaires de pays tiers a représenté 238 000 personnes, le plus haut niveau depuis 2000 (+ 9 % par rapport à 2016, et + 32 % par rapport à 2012). Il s’agit majoritairement de personnes en provenance d’Afrique, même si le nombre de personnes originaires d’Asie est lui aussi en augmentation. À l’échelle européenne, en se basant sur les statistiques délivrées par Eurostat, la France est le 5e pays européen d’immigration selon le nombre d’entrées (derrière les 4 autres pays européens les plus peuplés que sont l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Italie et l’Espagne), mais compte parmi les pays dont le taux d’immigration est le plus faible (inférieur à 0,5 %).
 
3 - Le pays européen le plus fécond avec un âge à la maternité relativement jeune
Pour la quatrième année consécutive, le nombre annuel de naissances enregistrées en 2018 (759 000) est en baisse du fait de la diminution de la population des femmes en âge de procréer, mais aussi de la fécondité. À l’échelle européenne, la France reste le pays le plus fécond avec un âge à la maternité relativement jeune par comparaison aux autres pays. La France est, avec l’Irlande, le seul pays dont les générations nées durant les années 1980 atteindront un niveau de fécondité assurant le renouvellement des générations (2,1 enfants par femme).
 
4 - La France se situe à un niveau élevé d’interruptions volontaires de grossesses (IVG)
Le nombre d’interruptions volontaires de grossesses (IVG) est en augmentation en 2018 (224 300 contre 217 800 en 2017). La France, avec la Bulgarie et la Grande-Bretagne, font partie des pays de l’UE dont les taux de recours à l’IVG sont les plus élevés.
 
5 - Les mariages moins fréquents et plus tardifs que dans le reste de l’Europe
Les nombres de mariages et de pacs ont tous deux augmenté en 2017 mais l’écart entre le nombre de mariages (233 915) et le nombre des pacs (193 950) s’est encore réduit et atteint son plus faible niveau historique. Les mariages sont moins fréquents et plus tardifs en France que dans le reste de l’Europe. L’existence du pacs comme forme alternative au mariage accessible à tous les couples, singularité de la France en Europe, pourrait expliquer partiellement la plus faible propension à se marier en France.
 
6 - L’espérance de vie augmente encore mais à un rythme ralenti : en 2018, plus de 600 000 décès ont été enregistrés en France. Ce niveau n’avait pas été atteint depuis la Seconde Guerre mondiale. La tendance à l’augmentation du nombre de décès s’explique principalement par le vieillissement de la population et l’arrivée aux grands âges des générations nombreuses de l’après-guerre. La France fait globalement partie des pays où la mortalité est la moins élevée d’Europe. Cette situation est liée en partie du fait d’une mortalité par maladie cardiovasculaire plus faible que dans la plupart des autres pays européens. La France est l’un des rares pays du monde dans lesquels cette cause de décès n’est pas la première (c’est le cancer depuis 1990). En revanche, la mortalité avant 65 ans, y compris celle des enfants, est relativement élevée. Le taux de mortalité infantile atteint 3,9 ‰ contre 2,0 ‰ ou 2,5 ‰ dans les pays scandinaves.
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