Le 20/05/2010
Le CNL (Centre National du Livre) a confié à Ipsos MediaCT cette étude intitulée « Les publics du livre numérique ».
S’il conclut que la « transformation des habitudes de lecture sera profonde et irréversible », il estime aussi que « le choc sera moins brutal que pour d’autres industries culturelles » telles que la musique, le cinéma ou la photographie. Et ceci pour deux raisons :
- l’attachement au contenant (l’objet livre) est encore fort,
- le grand lecteur de livres est sensiblement moins jeune et moins technophile que le public, « digital native », de la musique et du cinéma.
Le public actuel du livre numérique est encore très réduit : 5% des Français et seulement 0,25% utilisent un terminal dédié. Il privilégie plutôt des contenus récents, professionnels ou pratiques, et décrit « sa lecture moins linéaire et moins attentive que sur le papier ». Le public potentiel est beaucoup plus large : 30% des Français.
Ces derniers estiment que le livre numérique est très différent du livre imprimé. Son essor se joue autour de trois enjeux :
- l’accès : l’offre éditoriale est aujourd’hui limitée et méconnue, mais l’accès est instantané et potentiellement infini,
- l’objet : le terminal de lecture est pratique (transport, stockage, interactivité), il doit désormais devenir confortable (qualité de l’écran et du contact physique), et polyvalent,
- la valeur et le droit : les Français attendent un prix inférieur de 40% à celui du livre papier, sans perdre pour autant le droit d’en conserver et d’en partager le contenu.