
Ronan Chastellier Maître de Conférence à l'IEP de Paris
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Le Marketing et les tendances sont un peu comme le ciel des peintres Hollandais ; il semble toujours s'y passer quelque chose. Les tendances sont-elles des phénomènes temporaires ? De l'anomalie statistique ? Ou bien une espèce d'inspiration gracieuse ?
Le postulat du livre "Tendançologie", c'est que les tendances, celles qui intéressent les industriels, parce que réputées "stables dans le temps", "lisibles sociologiquement" et "instauratives d'un sens", sont toujours des fragments de culture. De la culture "actualisée" par des formes de pensée, de ressenti contemporain. Avec si possible un élément ludique. Ainsi, la tendance "Girlie" renvoie à Marcel Proust, les objets "Bling Bling" à une esthétique néo-baroque et les "People" à des figures anciennes de la mythologie. Colin Farrell, ce serait un peu Héraclès, frivole aux amours épiques, Beyoncé aurait quelque chose de Psyché, si belle qu'elle paralyse ses prétendants etc… La bonne nouvelle, c'est que le Marketing longtemps rendu responsable d'une certaine culture du vide, voire d'une forme d'engourdissement, sort re-généré d'un travail sur les tendances. Car ce travail oblige à faire un petit détour par l'art, la littérature, les sciences humaines.
En média, les tendances peuvent être un élément du spectacle et une manière de présenter l'avenir. Au cœur de l'actuel et du contemporain, les tendances seraient une grille de lecture du monde. Créative, intellectuelle et j'insiste non soporifique. "Tendanço" ! Il y a probablement une émission de radio, de télévision à créer. C'est une idée.
NDLR 1 : Ronan Chastellier vient de publier "Tendançologie, la fabrication du Glamour" aux éditions Eyrolles.
NDLR 2 : A compter d'aujourd'hui, nous confions un espace d'expression à Isabelle Musnik dans une rubrique dédiée : Communication Tendances.
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