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ENGAGEZ-MOI, SINON RIEN ! Un rendez-vous du Brand Content, par Laure de Carayon
植入广告的时代!——植入广告的发展史 Laure de Carayon著 - 06/09/2010

SPÉCIAL CHINE – 1/4 :  C’EST LA FAUTE À MAO !

Vulgaire, mais pas trop

D’après The Economist, le Président Hu Jintao a convoqué le 23 Juillet dernier son bureau politique pour discuter d’un sujet urgent : la Chine doit « fermement résister » aux formes de culture vulgaire, bas de gamme et kitsch. La « grande renaissance » du peuple chinois, a-t-il dit, en dépend (…).
Une nouvelle campagne contre ce que les officiels appellent les « trois vulgarités » a donc été lancée (…). Beaucoup d’incertitudes demeurent quant à l’envergure de la censure sur la liberté de pensée et d’expression (…), mais les médias officiels se sont attardés sur le divertissement « peu intellectuel » à la télévision et sur internet, dont les nombreux programmes de dating. Particulièrement celui à succès « If you are the one », diffusé sur une chaine du satellite de la province du Jiangsu, et dont les participantes ont osé admettre que la qualité première qu’elles recherchaient chez un mari était qu’il soit riche (…). Les répercussions n’ont pas tardé : fin du direct pour les programmes de dating, censure des références à la richesse et au background familial comme qualités désirées. Et embauche par la production d’« If you are the one » d’un officiel du Parti comme invité spécial pour donner à l’antenne des conseils sur la manière de conduire une relation (…).

Près de 50 ans après la Révolution Culturelle et son programme d’éradication des « quatre vieilleries » - tout ce que l’histoire chinoise comptait de représentations et vestiges de ses traditions centenaires (intellectuels, littérature, peinture, architecture, antiquités…) - le pouvoir central et son ministère de la culture « repartent en campagne ». Faute d’informations supplémentaires, celle-ci semble moins destructrice - point de richesses et valeurs ancestrales menacées cette fois-ci - et pourrait en « inspirer » d’autres, invité-envoyé spécial en moins : la vulgarité sévit et menace quelques soient les régimes. Aucun dilemme.

Pour Bryce Whitwam, General Manager de Wunderman Shanghai, « Etant donnée la faible quantité de programmes de qualité à la télévision, les grandes sociétés ont réalisé qu’elles peuvent créer leur propre contenu. Et le marché média étant hyper fragmenté - il y a près de 3 000 chaines de télévision – il n’y a tout simplement pas suffisamment de programmes répondant à leurs besoins. Ainsi, la Chine est bien plus en avance que certains marchés. Ajoutons à cela, les comportements en ligne des chinois - partage et participation - et il y a une opportunité considérable pour combiner des expériences online et offline en une plateforme interactive globale ».
D’autre part, d’après Harris Interactive, l’indice d’influence numérique d’internet en Chine est quatre fois supérieur à celui de la télévision (en France, il l’est deux fois plus - 53% vs 27%).

Yue-Sai Kan, une femme chinoise - 06/09/2010

Réussir ET avoir une vie de famille, être indépendante ET choisir le bon mari - et à un certain âge, être sûre de soi ET belle… l’émancipation de la femme moderne chinoise se conquiert dans le respect des valeurs traditionnelles et de son désir d’indépendance. Parfois teintée d’ambition.
« Vous êtes la moitié du ciel » leur disait Mao Zedong. Les femmes chinoises- gonflées à bloc ? - ne l’ont pas oublié et Newsweek.com de titrer : « Les Femmes qui veulent diriger le monde ».
Et Mao Zedong, encore lui, « d’interdire les cosmétiques jusque dans les années 1980, laissant ainsi la femme chinoise dépendante de sources extérieures d’information, quand la femme occidentale, elle, est initiée aux rituels de la beauté par sa mère » selon Patricia Pao, CEO de Pao Principle.

Le terreau idéal pour que Wunderman, en collaboration avec l’agence interactive Agenda, conseille son client L’Oréal Chine de rajeunir et moderniser l’image de sa marque de cosmétique à base de plantes médicinales Yue Sai, au travers d’une web série, pilier d’une riche plateforme interactive. Un format d’ailleurs largement préempté, en Chine comme ailleurs, par les poids lourds du secteur - P&G et Unilever (Mix TV/Web avec la série « Ugly Wudi » / shampoing Clear qui a fait un tabac en 2008 (remake du format US « Ugly Betty »), et depuis Août 2010, « Unbeatable », une série de 35x45’ (on croit rêver !) toujours avec Clear, mais aussi Dove, Lipton et Bausch & Lomb.
Yue Sai est la marque éponyme de la femme chinoise la plus renommée, Yue-Sai Kan, rentrée en Chine après un long exil à Hong Kong et aux Etats-Unis, construire un empire dans l’audiovisuel et les cosmétiques en lançant sa marque.

3 minettes

Les 18-30 ans kiffent Buzz My Heart - 06/09/2010

« Buzz My Heart », une intrigue sociale et amoureuse autour de la vie quotidienne de 3 jeunes femmes de Shanghaï - amitié, vie professionnelle, doutes, aspirations et dilemmes d’aujourd’hui. Dont celui amoureux qui inspire cette série à la fois caustique et pleine d’humour, au photographe Han Junwei.

Pour Gil Wadsworth, Executive in Charge of Production de la société de production shanghaienne AtoAto Integrated Media et producteur américain de la série, un objectif : « offrir un vrai divertissement de qualité ».  
Un générique d’ouverture rythmé par une chanson zen - en français (hasard) - du groupe Silkfloss, des sujets issus des conversations en ligne d’une génération connectée plus de 3 heurs par jour, huit épisodes de 12’ environ, à l’image léchée, diffusés du 31 Mai au 6 Août dernier à raison d’un tous les dix jours « dont les quatre premiers, sans branding autre que du placement de produit contextuel, afin de ne pas biaiser la perception du programme, selon Michelle Kwok, Marketing Director de Yue Sai. La diffusion s’est faite sur un, puis deux sites mode et beauté, suivis par d’autres. : Yoka, Tudou, PPTV, Onlylady, Kimiss étant donné son succès ».
 

Episode Buzz My Heart

 


La série entière ici - avec Billboard Yue Sai dès l’épisode 5

Selon Christine Gand, Director of Strategic Planning & Insights d’Agenda, « 400 millions de personnes ont vu la série, soit près de l'équivalent de la pénétration de l'internet chinois (28,9%, avec 404 millions d'internautes au 1er quadri 2010*) - vs 211 millions aux Etats-Unis (2). Et il y a eu 2 millions de vues sur le seul blog Sina (équivalent de Twitter) ».
Et toujours, comme entre chaque diffusion d’épisodes afin d’entretenir l’engagement de la cible et le bouche à oreilles : forum, débats bloggeurs, directemailing, conseils et essais produits, fanpage sur le blog Sina, concours, tirages au sort pour des rencontres avec des femmes chinoises ayant réussi etc...

Un bilan au vert pour Yue Sai/L’Oréal Chine, également courtisé par différentes chaînes de télévision pour une reprise de « Buzz My Heart ». 
Merci Mao?!

(1) Source : China Media Observatory-May 2010 / 420 millions en Juin 2010
 

Pour leur disponibilité pendant mon séjour et nos échanges sur L’Oréal Chine, merci à : Christine Gand, Michelle Kwok, Gil Wadsworth, Bryce Whitwam, Henri Hsen, Cara Sun, Xiaolan Su.

Rendez-vous mardi 14 septembre pour une nouvelle chronique
Spécial Chine - 2/4: Du thé, mais pas que…
Spécial Chine - 3/4: La vieillesse a de l'avenir!

* Laure de Carayon est consultante et productrice Brand Content, et intervient sur les contenus de marques depuis 2002. Elle fut notamment directrice conseil de Granit Productions, structure de production déléguée de programmes courts TV (Carat).
twitter.com/laure2carayon - l2carayon@gmail.com